FAQ : Chien dangereux, agressif, mordeur, malpropre...

Chien / chiot dominant - chien / chiot dominé (soumis)
Mon chien est peureux, inquiet ou a des peurs
Pourquoi mon chien détruit tout ?
Chien dangereux par nature ?
Evaluation des risques dans la cohabitation avec un chien.
Mon chien est agressif - agression
Différents types de chiens, différents risques de morsure.
Pourquoi mon chien n'est pas propre ?
Les bases d'une bonne acquisition de la propreté.


Question : Chien dangereux par nature ?

Ma réflexion sur la question « Le chien est-il dangereux par nature ? » après avoir assisté à la conférence « Chien méchant ! Comprendre et prévenir la dangerosité de l'animal de compagnie » dans le cadre des Rencontres de Maisons-Alfort à l'Ecole nationale vétérinaire d'Alfort.

Les hommes ont eu l'opportunité de sélectionner les chiens selon des traits plus propices à une activité plutôt qu'une autre et ont donc participé activement à la raciation des chiens. Certains traits sont facilement sélectionnables génétiquement comme la taille, la couleur du poil, la masse musculaire, etc.

Cependant, d'autres sont beaucoup plus difficiles à sélectionner car ils font intervenir plusieurs gènes, c'est le cas des comportements.

Concernant les traits complexes, faisant intervenir plusieurs gènes, il faut raisonner en terme de génétique quantitative et d'hérédité de prédisposition (opposée à la prédétermination de la génétique de Mendel) L'hérédité est fonction de la génétique et de l'environnement. La génétique ne dicte pas tout : c'est une base de données utilisée en fonction des besoins par des « requêtes » d'origine interne ou externe. L'environnement ne dicte pas tout non plus puisqu'il faut bien les gènes pour coder les éléments nécessaires à chaque processus physiologique.

On ne peut donc jouer que sur des prédispositions à développer tel ou tel trait, son développement effectif se faisant grâce à un environnement propice à celui-ci.

De ce fait, aucune des nombreuses études scientifiques n'a pu démontrer la possibilité de sélectionner génétiquement des individus sur leur agressivité ou leur docilité. Cela m'a amené à la conclusion qu'il s'agisse de traits de caractères qui se mettent en place durant le développement de l'individu (c'est-à-dire son ontogenèse) et tout au long de sa vie. La génétique n'est alors qu'un support certes obligatoire mais n'influençant que très peu le fin développement du caractère d'un individu.

Alors, le chien est-il dangereux naturellement ?

A une question courte, réponse courte et donc réductrice :
  • OUI parce que le chien est une espèce prédatrice qui possède de ce fait l'armement nécessaire à la chasse et la dissuasion.
  • Et NON parce qu'il faut dissocier la présence d'armes, les crocs, et la motivation à en disposer (la domestication ayant abouti à la diminution de cette motivation)

Conclusion :
On ne peut pas se demander si les chiens sont dangereux dans l'absolu, de manière « naturelle ». Il ne faut pas oublier qu'il s'agit d'une appréciation individu par individu puisqu'elle dépend des conditions de leurs développements précoces (processus d'imprégnation, d'attachement, de socialisation) et donc de l'influence de l'humain durant cette période.

Cela rejoint donc l'idée de la plupart des professionnels du monde canin qu'une catégorisation basée uniquement sur la génétique qui définirait les races dangereuses est absurde. Et que l'évaluation des risques ne peut pas se baser exclusivement sur ce critère, mais doit prendre en compte tous les autres.

(Voir aussi « Evaluation des risques dans la cohabitation avec un chien »)

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Evaluation des risques dans la cohabitation avec un chien

Pour évaluer les risques dans la cohabitation avec un chien, il faut prendre en compte plusieurs éléments, pouvant être facteurs de risques et concernant le chien et les humains, amenés à cohabiter.

Au sujet du chien, il faut considérer :
  • Son état de santé
  • Si le chien ressent des douleurs physiques dues à une blessure ou une maladie, il peut réagir de manière vive et incontrôlée lors de manipulations indélicates.
  • Son âge
  • Durant sa vie, le chien passe par des périodes délicates :
    • Le passage à l'âge adulte (« adolescence ») Le chiot commence à se positionner socialement. Les propriétaires sont alors souvent surpris de voir leur chien développer de nouveaux comportements avec parfois une certaine brutalité / agressivité.
    • « L'âge d'or » En vieillissant, le chien peut être atteint par toutes sortes de maladies entraînant diverses douleurs (aux conséquences vues ci-dessus) Mais aussi, son système sensoriel (notamment la vue et l'ouïe) peut se dégrader causant parfois des accidents (culbutages, chutes) et des agressions par surprise / peur lorsqu'un individu s'approche de lui et qu'il n'a pas pu le voir / entendre venir.
      Ceci est aussi valable pour un individu plus jeune atteint de cécité ou surdité.
  • Son état hormonal
  • Le fait que le chien soit castré (ou stérilisée pour la femelle) est à prendre en compte. Chez un animal non castré, d'importantes variations des taux des hormones sexuelles (androgènes, oestrogènes et progestogènes) peuvent influer sur son comportement, notamment en augmentant son degré d'irritabilité. Des pics hormonaux sont observables lors du passage à l'âge adulte, des périodes de chaleurs (oestrus) chez la femelle et de la présence d'une femelle en oestrus chez les mâles entiers (voire aussi chez certains mâles castrés tardivement)
    Il ne faut pas non plus négliger l'existence éventuelle de maladies affectant le système hormonal (on parle de dysendocrinies)
  • Les conditions de son développement précoce
  • Les expériences du chiot lors de ses premiers mois influent sur son développement sensorimoteur. Des mauvaises conditions peuvent entraîner des hyper-réactivités (ce que les vétérinaires appellent le syndrome HSHA) et des peurs plus ou moins grandes (regroupées dans le syndrome de privation sensorielle) Ces expériences jouent aussi un rôle dans les apprentissages sociaux : maîtrise de ses activités (apprentissage des autocontrôles), inhibition de la morsure, familiarisation à ses congénères (notamment aux autres races), à d'autres espèces (chats, oiseaux, rongeurs) et à l'espèce humaine dans sa grande diversité (personnes âgées, enfants de tous âges, individus de genres féminin et masculin, de différentes couleurs de peau, de différentes tailles, portant divers accessoires comme un chapeau, une écharpe ou un parapluie, etc.)
    Ce sont tous autant de critères qui vont réguler l'appréhension du chien lors de ses nouvelles rencontres et ses relations avec son environnement.
  • Son vécu
  • Les apprentissages ne s'arrêtent pas à la phase du développement précoce mais se font tout au long de la vie du chien. Il peut notamment apprendre à effectuer une morsure sans prévenir pour faire cesser rapidement une situation stressante à force de s‘apercevoir que ses signaux de menace habituels ne suffisent pas. Chaque fois qu'il réussit à atteindre son but par de tels comportements, cela renforce cet apprentissage. On parle d'agressions instrumentalisées.
  • Sa morphologie
  • Il faut aussi considérer la taille et le poids du chien. Un Yorkshire qui vous saute dessus ne vous causera pas autant de dommages que s'il s'agit d'un Saint-Bernard. Il en va de même avec la grandeur de la mâchoire et la gravité potentielle de la morsure (à associer bien sûr avec la plus ou moins bonne acquisition de l'inhibition de la morsure)

Au sujet de l'humain côtoyant le chien, il faut prendre en compte :
  • Son état de santé
  • Certains troublent physiologiques peuvent augmenter la fragilité de l'individu et donc la gravité des conséquences lors d'un accident ou d'une agression. Par exemple : les hémophiles, les immunodépressifs, les personnes souffrant des fragilités osseuses, de maladies atteignant le système sensorimoteur (troubles de la perception et/ou de la motricité) ou de maladies neurodégénératives touchant les centres nerveux supérieurs, etc.
  • Son âge
  • Il existe évidemment des périodes de vie où l'être humain est plus vulnérable :
    • De 0 à 7 ans environ L'enfant est insouciant quant aux risques qu'il encourt, contrôle mal ses gestes (pouvant faire involontairement mal au chien) et son visage est à la hauteur de la gueule. Les morsures peuvent alors entraîner de graves séquelles ou être mortelles.
    • « L'âge d'or » Les personnes âgées sont aussi vulnérables (coagulation plus lente, articulations et ossature plus fragiles, réduction des capacités sensorielles, etc.)
    • Les adolescents sont aussi une population à risque pourtant souvent ignorée. En effet, ils sont souvent dans une période où ils testent leur pouvoir, leur autorité, et le chien de la famille en fait malheureusement régulièrement les frais. En cherchant à s'en soustraire, il peut alors réagir violemment.
  • Son état émotionnel
  • Un individu à tendance déprimée, voire dépressive, a souvent des difficultés pour établir une bonne organisation relationnelle avec son chien du fait d'un manque d'estime de soi. Cela crée des incompréhensions mutuelles quant aux intentions de chacun, pouvant amener à des « accidents ».
    De même, si le propriétaire a peur de son chien (parce qu'il a déjà été mordu et/ou appréhende à tout instant une morsure), une tension permanente accompagne toute interaction entre eux. Cela a un double impact : inhibé par sa peur, l'individu ne peut pas installer de bonnes relations et le chien vit dans ce stress continu, augmentant son irritabilité et les risques qu'il réagisse de manière agressive aux interactions désorganisées de son propriétaire.
  • Sa conscience des risques
  • Le propriétaire doit savoir quels sont les risques inhérents à tout animal de compagnie et particulièrement au chien. Il doit agir préventivement en veillant à l'intégrité de son chien (un chien qui ne se sent pas agressé a bien moins de raison d'agresser les individus qui l'entourent) et à celle des personnes qui le côtoient.
    Une règle d'or : Ne jamais laisser un enfant seul avec un chien, c'est-à-dire rester toujours à portée de main de l'enfant afin de pouvoir le soustraire du chien si la situation devient dangereuse (surexcitation du chien et/ou de l'enfant, par exemple)
  • Ses connaissances du chien et de ses codes sociaux
  • Plus qu'être conscient des risques, le propriétaire doit être en mesure de comprendre correctement les messages de son chien. Il doit, notamment, pouvoir détecter les signes de stress – annonciateurs d'un confit – chez son chien et avoir l'attitude et les comportements adéquats à un apaisement de la situation.
    Plus le propriétaire a des préjugés quant au monde canin, plus ses comportements envers le chien sont inadéquats et inadaptés. Cela peut entraîner des situations de grande incompréhension pour ce dernier qui, en retour, peut effectuer des comportements agressifs.


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Différents types de chiens, différents risques de morsure

On peut distinguer 4 grands types de chiens selon leurs degrés de socialisation à l'homme et d'inhibition de la morsure :

  Bonne socialisation Mauvaise socialisation
Bonne inhibition de la morsure Le chien aime les humains, les autres chiens.
En cas de douleur, il va plutôt japper et fuir.
Il ne mord qu'en cas de provocation extrême et la morsure reste légère (sans traverser la peau)
Il est plutôt réservé avec les inconnus.
Il fuit et se cache rapidement, ne montre pas les dents mais pince facilement quand il est poursuivi ou inquiet. Les morsures restent légères.
Mauvaise inhibition de la morsure Il est amical mais la moindre morsure est sévère.

Il est le plus dangereux car personne ne s'en méfie.
Il n'accepte que peu d'individus dans son entourage. Il aboie, grogne fréquemment, attaque facilement avec des morsures sévères.
Il est un danger pour autrui.


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Les bases d'une bonne acquisition de la propreté chez le chien

A partir de quatre semaines, il y a disparition du réflexe périnéal (réflexe d'émission de selles et d'urines déclenché par le léchage du bas-ventre par la mère)
Ensuite s'installe l'apprentissage de l'élimination hors du nid. Dès lors, il est possible de mettre en place un conditionnement positif sur la base de récompenses.
Même si les récompenses alimentaires semblent très utiles, elles peuvent in fine devenir néfastes : outre le fait que cela induit que l'on doive se promener toujours avec de la nourriture sur soi, cela peut entraîner une désorganisation chez le chien qui pourrait se forcer ou feindre une élimination pour obtenir de la nourriture.
Il est donc préférable d'employer dès le début des récompenses sous forme de félicitations bien dosées pour ne pas envahir le chien par des vocalises intempestives. Il faut notamment attendre qu'il ait fini et ne pas lui « sauter dessus » en le surexcitant.

Comme la mise en place de cet apprentissage est longue, il y aura forcément des « accidents », il faut l'accepter dès le début. N'est-ce pas pareil pour l'apprentissage du pot avec un jeune enfant ?

Comment réagir face à un accident ?

Ne le grondez pas ! C'est anti-productif !

Si le chien a éliminé en votre absence :
Si le chien élimine en votre présence :
Les promenades avec votre chien
Vous devez les organiser en deux temps.
Faites attention à diversifier les supports sur lesquels vous proposez à votre chien d'éliminer. Il faut éviter qu'il n'apprenne à faire ses besoins sur un substrat particulier (comme la pelouse) car il pourrait ensuite être inhibé pour éliminer sur d'autres supports, ce qui pourrait devenir ennuyeux si d'avenir vous ne rencontrez plus ce substrat durant vos promenades (déménagement, travaux publics)

Pour accélérer l'acquisition de la propreté :
Il faut anticiper les éliminations en profitant notamment des moments propices comme au réveil, après un repas et un jeu. N'oubliez pas qu'un chiot a une capacité réduite à se retenir (à deux mois il ne peut se retenir plus de 2 heures, à trois mois il peut se retenir 3 heures, etc.) Vous pouvez donc prévoir la sortie suivante peu de temps avant que votre chiot n'ait de nouveau envie.

Economisez vos nerfs :
En attendant que votre chien n'ait acquis la propreté, il est tout à fait envisageable de limiter l'accès aux moquettes, tapis ou parquets sans l'enfermer dans une cage. Vous pouvez le laisser vivre majoritairement dans les parties carrelées (ou avec lino) et ne lui proposer l'accès aux pièces « à risque » qu'aux moments les « moins à risques » (après les promenades)

Attention à la période estivale !
L'été, une porte perpétuellement ouverte peut poser des problèmes. Cela peut entraîner chez le chien une confusion entre l'intérieur et l'extérieur et une autogestion de sa propre élimination sans apprendre à se retenir : « j'ai envie, je fais » (dehors, mais c'est tout à fait fortuit) Les premières joies des propriétaires partent avec le soleil : dès que la porte est refermée, le chien continue à faire ses besoins quand il a envie mais cette fois-ci dans la maison…

voir aussi « Pourquoi mon chien est malpropre »
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N° siret : ---